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Le joyau du Vietnam: la baie d’Halong

Photo Rolande Murat

Je continue mon périple et quitte Tam-Coc pour la Baie d’Halong. Hûé toujours prévenante se lèvera à 4h du matin pour me conduire à la station de bus afin, dit-elle, de me mettre dans le bon bus mais aussi pour acheter mon billet au même prix que les locaux. Brave Hûé! Vous comprendrez aisément que nous avons gardé des liens amicaux.

Le bus démarre à 5H pour Hon Gai? port où je dois embarquer pour ma croisière.

Il est inutile que je m’inquiète du nombre de kilomètres qui me sépare de Halong baie car la vétusté du bus et son étrange chargement augurent un voyage long, bruyant et inconfortable. J’ai une place assise bien sûr, mais au fur et à mesure des arrêts le chauffeur ne fait descendre personne, mais accepte encore des passagers à bord. Nous sommes tous de plus en plus comprimés, repliés, presque compactés…silencieux, mais encore assez “frais”, ce qui ne va pas durer! 25 places dans le bus et nous sommes déjà 50 à bord et loin du terminus…

Résultat j’arrive à Halong abrutie, titubante, à moitié sourde…

Je repère un groupe de taximen, je leur montre l’adresse à Hon Gai où je suis attendue à 12H30. Il est 11H30… “je suis largement en avance!”

Sauf que, on m’affecte un taximan jeune, qui ne parle pas un mot d’anglais, et qui regarde mon adresse d’un air entendu.

Et nous voilà partis !

Oh surprise ! Je n’avais pas du tout imaginé Halong et sa périphérie telle que je la vois là sous mes yeux exorbités!

Mon fantasme d’une Halong rustique, artisanale, à l’image des petits ports de pêche qui proposent aux touristes en mal d’exotisme des virées dans sa baie, s’écroule.

Halong et Hon Gai sont à l’image du port autonome de Marseille ou de celui de Barcelone : Gigantesque – Technique- pour finir Dantesque .

Un malheur n’arrivant jamais seul, cela fait déjà 6 fois que je montre l’adresse à mon chauffeur. Il sue et dégouline, tourne, fait inlassablement des demi-tours, il est 12h25, je suis au bord de la crise de nerfs et je commence à faire le deuil de ma croisière…

Après un énième demi-tour, je lui demande de me déposer ” là” sans aucune ambiguïté dans mon injonction! Il s’exécute sans soucis (poussant j’en suis sûre, un “ouf” de soulagement).

Et me voilà seule sur un boulevard, au milieu de nulle part…

De l’autre coté de l’avenue je repère un homme, je traverse et lui demande de l’aide. Ouf, Il parle anglais! Il m’appelle un taxi et en moins de 10 minutes, je me retrouve sur mon lieu de rendez-vous et surprise! ils m’attendent… ma croisière est sauvée!

Ah la Baie d’Halong, Il eut été dommage de la louper!

Photo Rolande Murat

Mon choix de naviguer sur une petite jonque de 20 passagers se révèle “le bon”. La jonque est très belle, toutes les infrastructures sont raffinées, pas de fausses notes pour découvrir la merveille qu’est cette baie.

Je n’ai jamais réussi à l’imaginer sous un soleil de plomb, aller savoir pourquoi! La Baie dans ma tête est toujours brumeuse, grise, mystérieuse et c’est ainsi que je la découvre.

La mer déserte entre les pics karstiques, le silence de la jonque, l’eau turquoise malgré le gris du ciel, provoquent chez moi une bouffée d’émotion, des larmes embrument mon regard. Je monte sur le pont supérieur et là, je vois un homme de dos, les épaules secouées par un sanglot discret… Pas de doute, la nature nous gratifie quelquefois de cadeaux si généreux qu’il est impossible de rester de marbre.

Photo Rolande Murat
Photo Rolande Murat

Halong c’est beau, c’est reposant malgré le ballet incessant des jonques et autres embarcations. A vrai dire j’ai une petite pensée écologiste pour le probable saccage de cet endroit… mais je suis vite de nouveau envahie par le beau et l’insolite qu’il m’offre. J’imaginais la baie un espace d’eau vierge, je m’émerveille en découvrant une baie plus que vivante avec ses villages flottants encore très actifs, pêche, école, commerces…. Nous débarquerons même sur une plage pour aller visiter des grottes. Étonnant non?

Photo Rolande Murat

Il est des lieux insolites où vivre ne peut être qu’un fantasme, une parenthèse de l’esprit pour se sauver de la dure réalité de l’instant. la Baie d’Halong m’évoque cela :

De “l’accessible” juste pour adoucir “l’impossible”…

J’ai abordé ce voyage sur un mode épique, je le clôture lyrique….

Rolande Murat

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